La scène du graffiti au Brésil

De l’art avec des messages en défense de la mobilité, c’est le message que Thiago Syen, graffeur et cycliste de Curitiba, cherche à laisser avec ses œuvres dispersées aux quatre coins de la capitale du Paraná. “J’ai 32 ans et j’ai commencé à peindre en 1997, à travers le graffiti”, raconte l’artiste. Selon lui, lorsqu’il était encore à l’école, il détestait les cours d’art et ce n’est que lorsqu’il a rencontré le graffiti qu’il s’est intéressé à cet univers.

“Occuper les rues est nécessaire, qu’il s’agisse de faire de l’art, de faire du vélo, de la musique, de marcher, de danser”, dit Syen.

Les images de Syen représentent des objets du quotidien, elles sont principalement inspirées par la liberté qu’il ressent lorsqu’il se déplace à vélo dans les rues et sur les routes du Brésil. “Mes dessins surgissent aussi à propos de ce que je recherche en ce moment. En outre, la littérature, la musique, le tatouage et le cinéma m’influencent beaucoup”, commente le cycliste. Syen souligne que le vélo lui procure des sensations similaires à celles qu’il éprouve lorsqu’il réalise ses graffitis, en raison du contact avec la rue et la ville.

L’artiste est également inspiré par les beautés de la mer. L’œuvre ci-dessus a été réalisée dans la ville côtière d’Antonina, à Paraná.

“La relation entre le vélo et le graffiti remonte à loin”, explique le graffeur. “Lorsque je vais faire du vélo en ville ou sur les routes, j’ai un sentiment très similaire à celui que j’éprouve lorsque je peins dans la rue”, dit-il. Syen dit que dans ces moments, il est possible de voir et de ressentir beaucoup de choses. L’artiste y place ces impressions de la ville et des gens, basées sur la façon particulière qu’a l’artiste de voir le monde depuis son vélo.

Les graffitis de Curitiba

La scène du graffiti au Brésil est de plus en plus reconnue comme une forme d’expression artistique fondamentale pour rendre les villes plus humaines. L’artiste affirme qu’à Curitiba, la population montre de l’intérêt et de l’acceptation pour ce type de manifestation. “Chaque fois que je peins, il y a des conversations avec les passants et je vois que les gens sont intéressés”, ajoute-t-il.

“Ici, ce n’est pas différent de ce qui se passe dans d’autres villes du monde, les gens occupent un espace qui est le droit de tous : les rues” commente Syen à propos du scénario de la ville par rapport aux autres grands centres du pays.

Être dans la rue, c’est résister

“Le graffiti se passe dans la rue, où tout le monde peut voir, critiquer, louer, changer. En étant dans la rue, cet art fait partie de la ville et appartient à tout le monde”, commente-t-il. Selon Syen, pour qu’il y ait graffiti, il faut qu’il soit dans la rue, ce qui en fait un acte de résistance, car c’est un type d’expression qui occupe les espaces publics et donne aux gens la possibilité d’intervenir dans la ville.

 “Comme je l’ai dit, occuper les rues est nécessaire, que ce soit en faisant de l’art, du vélo, de la musique, en marchant, en dansant. Je crois qu’avec les gens dans les rues, l’interaction avec l’environnement se fait presque automatiquement”, souligne-t-il.

La fresque colorée réalisée dans la ville de Curitiba porte les signatures de Thiago Syen et Bruno Romã.

Syen dit avoir participé à plusieurs expositions avec des gravures, des dessins et des peintures et il voit la présence des caractéristiques des graffitis dans ses œuvres en dehors des rues. “Le graffiti n’est pas une technique, mais je peux incorporer ses éléments dans des œuvres dans des galeries et des musées, mais ce ne sera pas du graffiti pour cette raison, car pour qu’il le soit, il doit être dans la rue”, ajoute-t-il.

Florence n’est pas seulement la Renaissance ! 3 musées pour le découvrir
Visite gratuite d’un musée : la culture n’est pas toujours chère !